Exposition : "Robert de Sorbon mis en lumière : de l’homme à l’institution"
Robert de Sorbon, par Grégoire Huret Le cardinal de Richelieu recevant les hommages de Robert de Sorbon (détail), Grégoire Huret, estampe, 1642 © BIS, VCR 1= 993. Pièce 28
À l’occasion des 825 ans de sa naissance, l’exposition "Robert de Sorbon mis en lumière : de l'homme à l'institution" vous propose de découvrir le personnage qui a donné son nom à notre bibliothèque comme à notre université. D’où vient-il ? Quel est son parcours ? En quoi a-t-il contribué à la diffusion du savoir à l’époque médiévale ? Quel est son héritage et quelle mémoire conservons-nous de ce prédicateur, maître et bienfaiteur des étudiants au Moyen Âge ?
Venez trouver réponse à ces questions à la bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, du 17 septembre au 16 décembre 2026 !
L’histoire
Robert de Sorbon est né dans le Réthelois (Nord de la Champagne) le 9 octobre 1201. De modeste origine, ses capacités intellectuelles le destinent au service de l’Église : il part se former dans une toute nouvelle institution parisienne, l’Université. Il y mène ses études et se forge une réputation de brillant prédicateur. Louis IX est sensible à ses sermons : Robert devient un membre de la cour royale. Avec le soutien de ses collègues, maîtres de l’Université, du roi et de son entourage, Robert de Sorbon fonde vers 1257 une maison destinée à accueillir de pauvres étudiants en théologie, en s’inspirant de l’organisation des couvents franciscain et dominicain parisiens. Dans ce nouveau collège, constitué de maisons achetées dans le quartier de l’Université, les étudiants vivent en commun et peuvent emprunter des livres, s’entraîner à différents exercices universitaires. Voilà ce qui caractérise la Sorbonne : elle n’est pas une simple "résidence universitaire", c’est une collection de livres considérable, reflet du dynamisme intellectuel de l’Université médiévale, une communauté qui se forge par des lectures, des exercices, une piété partagés. Le rayonnement et le prestige du collège expliquent la lente (con)fusion entre le collège et l’Université qui s’achève au XIXe siècle : la Sorbonne garde mémoire de son premier fondateur, sous forme de documents, d’images, d’inscriptions qui servent, en fonction du contexte, un récit académique, historique ou politique.
L’exposition
L’exposition a été élaborée par les étudiants du master Recherche en Histoire de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (promotion 2025) sous la direction de Claire Angotti (URCA, CERHIC). Elle inscrit la vie de Robert dans son contexte politique, religieux, intellectuel puis présente les multiples visages de ce personnage fascinant : prédicateur, moraliste, bienfaiteur des étudiants, fondateur de l’une des plus grandes bibliothèques d’Occident. Elle présente aussi la variété des documents qui permettent de documenter la vie de Robert puis sa mémoire dans son collège et dans l’Université. S’ajoute à ces différents panneaux, la présentation inédite de documents originaux ou de fac-similés issus des fonds de la BIS. Ceux-ci permettent de saisir la naissance du collège, la vie intellectuelle des sorbonistes, les lieux majeurs du collège médiéval, puis de comprendre la construction du souvenir de Robert de Sorbon, qui passe par l’élaboration de textes et la diffusion d’images qui le mettent en scène, auprès de Louis IX comme de Richelieu, du XVIIe au XXe siècle.
Commissariat de l’exposition
Claire Angotti, maîtresse de conférences (CERHIC/IRHT, Université de Reims Champagne-Ardenne)
Pour la BIS : Isabelle Diry-Löns, département des manuscrits et livres anciens, Sylvie Struyve, Elisabeth Dagrada et Cécila Huteau, atelier de conservation-restauration, Séverine Damiani, Marion Duplaix, mission communication